Marc Biétry



 

Montagnes dessinées à l'encre de Chine sur calques, sans référent précis. Ce n'est pas le paysage qui est important ici c'est une montagne prise comme une sculpture. mais ce n'est pas sa représentation non plus qui importe c'est son idée. Le dessin plus proche de la sculpture que de la peinture travaille non seulement l'espace de la feuille mais sa matière même. Le plan du calque est fortement modifié par son contact avec l'eau et le caparol qui le recouvre en finition. Il y a de fortes déformations qui travaillent le support comme les mains du sculpteur travaille la terre. La surface du calque devient celle de la roche, elle prend la lumière et la reflète, il y a soulèvements, rétractations, reflets, miroitements. La montagne est à la fois proche et éloignée, perçue dans son ensemble ou dans ses détails. "Apparition insaisissable dont on se sent saisie" c'est la définition de l'aura de Walter Benjamin: "l'apparition d'un lointain, quelque proche que puisse être ce qui l'évoque. Elle se rend maîtresse de nous." C'est aussi sa définition de la trace: "l'apparition d'une proximité, quelque lointaine que puisse être ce qui l'a laissée. avec la trace nous nous emparons de la chose." Traces du signifiant, aura de signifié.

                                                                                                                               

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

" La peau caressée n'est jamais un être totalement visible.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Montagne IV. 2004. 40 x 100 cm, encre de Chine sur calque et caparol.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par la présence évasive de la clignotante caresse, par l'interruption de son tracé, elle rejoue les injonctions des grands théoriciens chinois de la peinture sur la nécessité de l'effacement, de l'interrompu.

 

 

 

 

 

 

 

 

Montagne I. 2003. 107 x 200 cm, encre de Chine sur calque et caparol.

 

                                                                                                                                                               

 

 

 

 

 

 

 

 

Car la peinture chinoise, encore, fut très claire là-dessus :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Montagne II. 2003. 107 x 200 cm, encre de Chine sur calque et caparol.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

une figuration tronquée, livrée partiellement,

affranchit le monde de ce pouvoir d'entrave et d'enlisement qui le souille,

boue opacifiant les choses."

Extrait de Petit éloge de la peau de Régine Detambel. Aux éditions Gallimard collection Folio.

 

 

 

 

 

 

Montagne III. 2004. 107 x 200 cm, encre de Chine sur calque et caparol.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Montagnes (triptyque),. 2003. 200 x 200 cm, encre de Chine sur calque et caparol.

 

 

 

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